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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 09:00

Le HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'Organisation des Nations Unies) appelle les États européens à interrompre temporairement les transferts de demandeurs d'asile vers la Bulgarie, en raison de la situation des demandeurs d'asile et des réfugiés dans ce pays et des risques pour eux de traitements inhumains et dégradants.

http://www.unhcr-centraleurope.org/en/news/2014/unhcr-calls-for-temporary-halt-to-dublin-transfers-of-asylum-seekers-back-to-bulgaria.html

Le communiqué en anglais, suivi de sa traduction automatique en français :

UNHCR calls for temporary halt to Dublin transfers of asylum-seekers back to Bulgaria
Friday 3, January 2014

GENEVA, January 3 (UNHCR) – The UN refugee agency today issued a position paper urging States participating in the Dublin Regulation to temporarily suspend transfers of asylum-seekers back to Bulgaria. The agency concluded that asylum-seekers in Bulgaria face a genuine risk of inhuman or degrading treatment due to systemic deficiencies in reception conditions and asylum procedures.

“Asylum-seekers in Bulgaria routinely lack access to basic services, such as food and healthcare; face lengthy delays in registration which subsequently deprive them of their basic rights; and are at risk of arbitrary detention,” said UNHCR spokesman Babar Baloch at a press briefing in Geneva today. He added, “there are serious challenges to access fair and effective asylum procedures alongside ongoing reports of push backs at the border”.

The Dublin Regulation provides for a system to determine responsibility for examining asylum claims lodged in EU Member States and other States that are party to the Dublin regulation according to specific criteria. It aims to ensure that each claim is fairly examined by a State to deter multiple applications and enhance efficiency.

“Despite progress in recent years, and improved reception conditions over the past few weeks, there are significant gaps in the implementation of laws and policies on international protection in Bulgaria,” UNHCR spokesman Baloch told journalists. These gaps have worsened with the increase in the numbers of asylum-seekers arriving in recent months, particularly those fleeing the conflict in Syria. In 2013, over 9,000 people sought asylum in Bulgaria, up from an annual average of 1,000 asylum-seekers since its accession to the EU in 2007.

UNHCR urged the Bulgarian authorities to take immediate steps to improve deplorable conditions to ensure respect for the rights of asylum-seekers and people in need of international protection. The agency proposed to re-assess the situation as of 1 April 2014. The three-month period will provide an opportunity for the Bulgarian authorities and their partners — including the European Commission, the European Asylum Support Office (EASO), NGOs and UNHCR — to work together to improve the reception conditions and asylum procedures.

“In the meantime, refraining from transferring asylum-seekers would also represent an important demonstration of solidarity at this juncture,” UNHCR’s spokesman said.

Le HCR appelle à l'arrêt temporaire des transferts Dublin de demandeurs d'asile vers la Bulgarie
Vendredi 3 , Janvier 2014

Genève, le 3 Janvier (HCR ) - Le HCR a publié aujourd'hui un document de position priant instamment les États participants dans le règlement de Dublin à suspendre temporairement les transferts de demandeurs d'asile vers la Bulgarie . L'agence a conclu que les demandeurs d'asile en Bulgarie face à un risque réel de traitement inhumain ou dégradant en raison de déficiences systémiques dans les conditions d' accueil et les procédures d'asile .

« Les demandeurs d'asile en Bulgarie n'ont pas régulièrement accès aux services de base , comme la nourriture et les soins de santé ; faire face à de longs retards dans l'enregistrement qui les privent la suite de leurs droits fondamentaux , et sont à risque de détention arbitraire ", a déclaré le porte-parole du HCR Babar Baloch à une presse informer aujourd'hui à Genève . Il a ajouté , " il ya de graves problèmes d'accès à des procédures d'asile justes et efficaces aux côtés des rapports continus de dos poussoirs à la frontière " .

Le règlement de Dublin prévoit un système pour déterminer la responsabilité de l'examen des demandes d'asile déposées dans les États membres de l'UE et d'autres États qui sont parties à la Convention de Dublin selon des critères spécifiques . Elle vise à garantir que chaque demande est assez examiné par un État pour dissuader de multiples applications et améliorer l'efficacité .

" Malgré les progrès réalisés ces dernières années , et les conditions d'accueil améliorées au cours des dernières semaines , il ya des lacunes importantes dans la mise en œuvre des lois et politiques sur la protection internationale en Bulgarie ", a déclaré le porte-parole du HCR baloutche journalistes . Ces écarts se sont aggravés avec l'augmentation du nombre de demandeurs d'asile arrivant dans les derniers mois , en particulier ceux qui fuient le conflit en Syrie . En 2013 , plus de 9.000 personnes ont demandé l'asile en Bulgarie , contre une moyenne annuelle de 1.000 demandeurs d'asile depuis son adhésion à l'UE en 2007 .

Le HCR a exhorté les autorités bulgares à prendre des mesures immédiates pour améliorer les conditions déplorables pour assurer le respect des droits des demandeurs d'asile et les personnes ayant besoin de protection internationale . L' agence a proposé de réévaluer la situation à compter du 1er Avril 2014. La période de trois mois sera l'occasion pour les autorités bulgares et leurs partenaires - y compris la Commission européenne , le Bureau européen d'appui en matière d'asile (BEA ) , les ONG et le HCR - à travailler ensemble pour améliorer les conditions d'accueil et les procédures d'asile .

" Dans le même temps , en s'abstenant de transférer les demandeurs d'asile constituerait également une importante manifestation de solidarité à ce stade ", a déclaré le porte-parole du HCR .

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:43

Coordination ouverte contre la détention des migrants : un comité de coordination s'est constitué. Il a lancé une première initiative devant le poste de police d'Omonia, à Athènes. Il appelle à une nouvelle action le 18 décembre, journée internationale des migrants.

http://nodetention.blogspot.fr/2013/11/blog-post_29.html

JOURNEE D’ACTION EUROPEENNE CONTRE LES CENTRES DE RETENTION

LES CENTRES DE RETENTION D’IMMIGRES ET DE REFUGIES DOIVENT FERMER

Dans la Grèce du 21ème siècle, règne une situation qui a pour seul but de terroriser, torturer et humilier des milliers de personnes et qui est une insulte pour nous tous : les centres de concentration de réfugiés. Il s’agit de véritables entrepôts d’êtres humains, situés dans toute la Grèce de l’est, en Grèce continentale, sur les îles, même à Athènes et à Corinthe. Le seul « délit » commis par les milliers de personnes entassées là-dedans est de ne pas avoir de papiers, peu importe qu’elles viennent de la Syrie dévastée par la guerre, de la Palestine occupée ou des pays africains dévastés par la misère. L’état grec, en violant les traités européens et sa propre constitution, sans une once de sensibilité ou d’humanité, condamne des milliers d’immigrés (y compris des enfants, des malades et des victimes de torture) à 18 mois en prison, dans les conditions les plus déplorables, c’est-à-dire sans sortie dans la cour, sans hygiène de base, sans alimentation suffisante et soins de santé adéquats, sans communication avec leurs familles. Son objectif est de dissuader l’immigration vers la Grèce. Il a même l’audace de qualifier les immigrés de « bombe sanitaire », pendant qu’il met en très grand danger la santé de millions de personnes, grecs et immigrés par le démantèlement de la santé publique et son indifférence totale des conditions effroyables dans les centres de détention.

Bien que l’UE finance le fonctionnement des centres de détention, l’état grec n’utilise pas ces fonds ou bien il les dépense pour financer la répression des réfugiés politiques et économiques. La honte devient plus grande quand on considère que la grande majorité des immigrés détenus ne peuvent pas être expulsés dans leurs pays d’origine, donc leur emprisonnement n’a qu’un caractère de punition parce qu’ils ont fui la guerre et la pauvreté. Zeus Hospitalier dans toute sa splendeur ! (Le nom choisi pour les opérations de ratissage de la police visant les immigrés est « Xenios Zeus », du nom du dieu de l’hospitalité dans la mythologie grecque.) « La Grèce n’est plus une passoire en matière d’immigration » a déclaré bien sûr haut et fort le ministre de l’ordre public. Le gouvernement grec a transformé le pays en passoire pour la troïka et le capital, local ou étranger, qui a condamné des millions de grecs et d’immigrés à la misère du mémorandum. Elle dépasse toute les limites de la barbarie en créant des zones de dégradation complète de la dignité humaine sur son territoire.

Au même temps, on constate les tentatives des dirigeants de l’Europe pour transformer celle-ci en une gigantesque forteresse. L’Europe, qui a ravagé des continents entiers par le pillage économique et les guerres impérialistes, élève maintenant des murs pour se protéger des victimes de sa propre politique, causant toujours plus d’incidents du type de Lampedusa et aggravant la misère de milliers de personnes en quête d’une place au soleil. Les cas de Lampedusa, de l’île grecque Lefkada, les morts quotidiennes dans les mers Égée, Ionienne et Méditerranée, sont des aspects de la même politique d’immigration dans toute l’Europe du sud. Une politique basée sur la fortification des Etats et le rejet des immigrés.

Face à cette atrocité nous avons pris l’initiative d’organiser une campagne panhéllenique contre les centres de rétention et la détention dans des conditions inhumaines dans les postes de police. C’est une campagne ouverte à chaque collectif et à chaque individu qui veut résister à l’illégitimité des camps de concentration et à la politique d’immigration de l’UE et du gouvernement grec. Ce sera une campagne de longue durée et nous sommes conscients du fait que son objectif principal (fermer les centres de rétention) ne sera pas atteint sans lutte et sans persévérance. C’est une campagne qui compte se déployer sur plusieurs niveaux, autant dans le mouvement que dans les institutions. Nous discutons et nous décidons de nos actions tous les jeudis à 19.30 à « Steki Metanaston ».

Notre objectif est que ce sujet soit porté à la connaissance du public grec, en utilisant différents moyens, comme protester devant des postes de police (par exemple à Omonia) et des camps de concentration (par exemple à Amygdaleza ou à Corinthe), s’adresser aux institutions et diffuser des informations par internet. Notre premier objectif est une grande manifestation le 18 Décembre dans le centre d’Athènes pour la journée internationale des migrants, lors de laquelle nous condamnerons fermement la politique d’immigration du gouvernement et revendiquerons avec les immigrés tout ce qui devrait aller de soi.

Finissons-en avec la honte des camps de concentration et avec la détention de milliers d’immigrés dans les postes de police, dans des conditions encore pires ! L’emprisonnement de ces personnes ne résout aucun problème (qui peut croire, en effet, que les immigrés sont responsables du chômage de masse, du démantèlement du secteur public et des milliers de licenciements?). Au contraire il détruit des vies, fait progresser le racisme, rend impossible une coexistence harmonieuse des immigrés et des locaux, renforce les réseaux qui exploitent les immigrés et corrompent les grecs et vide totalement la notion de démocratie.

Luttons, en créant des initiatives ouvertes dans le pays entier (il y en a déjà dans plusieurs villes), pour l’accès libre aux centres de rétention pour les organisations légales et médicales, les mouvements et organisations de solidarité locales, luttons pour la libération de tous les immigrés sans papiers détenus dans les camps de concentration et les postes de police, luttons pour l’octroi de documents officiels aux réfugiés qui souhaitent partir à l’ouest.

Régularisation des immigrés qui vivent et travaillent en Grèce

Tous et toutes à Omonia, Mercredi 18 Décembre à 17.00

Initiative ouverte contre les centres de détention Centers

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 13:22

Une pétition initiée par le réseau grec "Expulsons le racisme" pour soutenir un militant qui passe en procès le 16 décembre suite à une plainte d'un proche de l'Aube dorée :
https://secure.avaaz.org/en/petition/Na_athoothei_o_antifasistas_Thanasis_Koyrkoylas_We_demand_that_antifascist_militant_Thanasis_Kourkoulasbe_aquitted/share/

Voici la traduction en français du texte :

"Nous exigeons l’acquittement du militant antifasciste Thanassis Kourkoulas. La pénalisation de l’action antiraciste et antifasciste ne passera pas !

Le 16 décembre 2013 Thanassis Kourkoulas, membre du réseau «Expulsez le racisme» et militant du mouvement antiraciste et antifasciste, sera jugé au Tribunal Correctionnel de Première Instance d’Athènes à la suite d’une plainte scandaleuse et calomnieuse, déposée par une personne proche de l’extrême droite qui l’accuse d’avoir « été le leader d’un groupe armé des battes » qui l’aurait attaqué en 2009. Ce procès fait partie d’une vaste opération, montée depuis quelques années par les néonazis, et dont le but est de stigmatiser et de terroriser les personnes et les organisations qui luttent ouvertement et massivement, en plein jour, pour le démantèlement de la bande criminelle de l’Aube
Dorée ainsi que de ses enclaves dans les mécanismes étatiques. Nous dénonçons cette tentative scandaleuse de pénaliser l’action antifasciste et nous exigeons l’acquittement inconditionnel de Thanassis Kourkoulas. Ce sont les néonazis de l’Aube Dorée Ceux qui
devaient être en prison et non pas les militants du mouvement antifasciste. Plus jamais
ça!"

plus d'informations (en anglais et en grec) sur :
http://www.ksm.gr/%CE%BA%CE%B1%CE%BC%CF%80%CE%AC%CE%BD%CE%B9%CE%B1-%CE% B3%CE%B9%CE%B1-%CF%84%CE%B7%CE%BD-%CE%B1%CE%B8%CF%8E%CF%89%CF%83%CE%B7-% CF%84%CE%BF%CF%85-%CE%B8%CE%B1%CE%BD%CE%AC%CF%83%CE%B7-%CE%BA%CE%BF%CF% 8D/

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 23:41

Les exilés afghans en Grèce ont initié une pétition contre la détention et la misère dans laquelle sont condamnés à vivre les exilés :

https://www.change.org/en-GB/petitions/commissioner-malmstrom-stop-the-detention-of-afghan-refugees-and-migrants-in-greece-and-their-enforced-destitution#share

Merci de la signer et de la faire circuler largement.

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 09:51

La venue de l'hiver, mais surtout les premiers échos de la situation dans les médias nationaux et internationaux, ont poussé le gouvernement serbe à agir : un premier centre d'hébergement pour les demandeurs d'asile et réfugiés a été réquisitionné à Obrenovac, deux autres doivent l'être à Sjenica et Tutin.

http://balkans.courriers.info/article23737.html

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 00:03

Comme en Serbie, l'hiver qui vient met en lumière la situation des demandeurs d'asile en Bulgarie. La capacité d'accueil des centres existants étant saturée, notamment du fait de l'arrivée de quelques milliers de réfugiés syriens, une partie des demandeurs d'asile ont été installés sous des tentes à côté des bâtiments en attente de réhabilitation d'une ancienne caserne. Solution insatisfaisante, qui devient intenable à cette période de l'année. D'autant plus que l'information et l'accompagnement juridiques sont absents de ces camps improvisés, qui ne sont guère que des lieux de stockage.

Avec le renforcement des contrôles à la frontière avec la Turquie et l'érection d'une clôture, le gouvernement veut rendre plus difficile l'accès au territoire. Par des conditions d'accueil indignes, dissuader de venir. Un projet de loi prévoit l'enfermement généralisé des demandeurs d'asile dans des centres fermés, complétant l'arsenal dissuasif, dans le but assumé de devenir un repoussoir, comme la Grèce. Derrière ce rempart, reste de l'Europe ne sera plus guère dérangée par les indésirables venant demander sa solidarité.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 21:27

Les deux centres d'accueil des demandeurs d'asile ont une capacité insuffisante. L'approche de l'hiver met en lumière la situation : à Bogovadja, où se trouve le second de ces centres, 250 à 300 demandeurs d'asile vivent dans les bois environnants.

La situation était la même il y a deux ans à Banja Koviljaca, où les demandeurs d'asile qui n'étaient pas accueillis dans le centre, selon leurs moyens financiers campaient dans les bois ou louaient des chambres aux habitants. Des tensions étaient apparues, de virulentes manifestations anti-réfugiés avaient eu lieu, qui avaient conduit à l'ouverture du centre de Bogovadja, au déplacement d'une partie des demandeurs d'asile et à la mise sous surveillance policière de la petite ville.

Le problème n'a été que déplacé, et ce deuxième centre a vite été saturé. L'ouverture d'une troisième s'est heurtée à l'opposition de la population locale. Depuis, les choses en sont restées là.

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 19:56

Une pétition initiée par les exilés afghans en Grèce contre l'enfermement en rétention et contre la misère dans laquelle se trouvent les exilés en Grèce :

https://www.change.org/en-GB/petitions/commissioner-malmstrom-stop-the-detention-of-afghan-refugees-and-migrants-in-greece-and-their-enforced-destitution#share

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 14:14

Dans un communiqué, Médecins sans frontières les conditions d'accueil des réfugiés en Bulgarie :

"Conditions déplorables dans les centres d’accueil suite à l’afflux de réfugiés syriens : Médecins Sans Frontières intervient dans la capitale bulgare


Bruxelles, 21 novembre 2013. A Sofia et à Harmanli (dans la province de Haskovo), les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont constaté les conditions déplorables des centres d’accueil et le manque criant de prise en charge médicale des réfugiés. En réponse à cette situation, MSF lance en urgence des activités médicales et des distributions de biens de première nécessité dans trois centres d’accueil, situés dans la capitale bulgare et le sud-est du pays. L’organisation appelle les autorités bulgares et européennes à trouver des solutions urgentes et concrètes en vue d’améliorer les conditions d’accueil des demandeurs d’asile.

Depuis janvier, près de 10.000 migrants dont une majorité de réfugiés syriens ont rejoint la Bulgarie. De nombreuses familles syriennes fuyant la guerre arrivent souvent épuisées après avoir dû déjouer les contrôles aux abords de la frontière bulgaro-turque. « Aujourd’hui l’accès à l’Europe est devenu presque mission impossible pour les réfugiés, y compris pour les Syriens qui fuient l’horreur de la guerre . La construction de murs en Grèce et bientôt en Bulgarie pousse les plus désespérés à emprunter les voies les plus dangereuses, comme les îles de la mer Egée», s’inquiète Ioanna Kotsioni, chef de mission MSF en Bulgarie.

A leur arrivée en Bulgarie, des centaines de personnes n’ont d’autre choix que de dormir dehors sous des tentes non chauffées, tandis que d'autres s’entassent dans des classes d’écoles désaffectées car les centres d’accueil sont dans l’incapacité de faire face. « En dépit des mesures prises par les autorités bulgares, les conditions de réception sont inacceptables. Ces personnes vivent dans des centres surpeuplés avec parfois une seule toilette disponible pour 50 personnes. Mais plus alarmant encore, il arrive que ces familles ne reçoivent pas assez de nourriture», dit Ioanna Kotsioni.

Selon les normes européennes, la Bulgarie a le devoir d'assurer l'accès à des soins médicaux et psychologiques aux demandeurs d'asile ainsi que des soins spécialisés aux personnes vulnérables comme les victimes de torture, de violence sexuelle ou les personnes handicapées. Or, la prise en charge médicale des demandeurs d’asile n’est pas assurée systématiquement.

Pour répondre à ce manque d’assistance, les équipes de MSF ont démarré des activités médicales dans deux centres d’accueil à Sofia et ouvriront prochainement un poste de santé dans un centre d’accueil à Harmanli (dans la province de Haskovo). Elles procureront ainsi des soins de santé primaires gratuits et offriront une assistance psychologique aux réfugiés. « Un grand nombre de personnes souffrent de maladies chroniques qui nécessitent un suivi régulier. Ces conditions d’accueil ne peuvent que renforcer la souffrance psychologique de ces victimes de guerre », s’inquiète Colette Gadenne, coordinatrice de la mission d’exploration MSF en Bulgarie.

Dans les prochains jours, MSF assurera également la distribution de couvertures, vêtements et kits d’hygiène. Ces actions seules ne règleront pas le problème accablant des conditions d’accueil des demandeurs d’asile en Bulgarie. « L’hiver approche et la situation risque encore de se dégrader. Il est urgent que la Bulgarie et l’Union européenne assurent des conditions d'accueil humaines et adéquates pour les personnes en détresse qui continuent de fuir la guerre », conclut Colette Gadenne.

Les activités de MSF en Europe
En Italie, MSF fournit aujourd’hui un soutien technique en matière de contrôle des maladies infectieuses dans divers centres situés à Rome et en Sicile. En soutien aux autorités sanitaires italiennes, une équipe MSF est mobilisée 24 heures sur 24 pour prodiguer des soins d’urgence à l'arrivée de migrants sur le port et dans le centre de réception de Pozzallo (Sicile). L’équipe procure également des consultations gratuites aux migrants dans le centre de santé ambulatoire de Raguse.

En Grèce, MSF fournit des soins médicaux aux personnes vulnérables à Athènes et aux migrants détenus dans la région d'Evros. Depuis 2012, l'organisation intervient ponctuellement auprès des migrants nouvellement arrivés via les îles de la mer Égée, principalement à Lesbos."

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 12:34

Au moment où est publié le rapport de l'association allemande Pro Asyl sur le refoulement des exilés à la frontière gréco-turque, le Fédération Internationale des Droits de l'Homme, le réseau Migreurop et le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme ont mené une mission à cette même frontière.

En attendant leur rapport, qui sera publié début 2014, leur communiqué de presse commun sur la situation :

COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT
FIDH-REMDH-Migreu
rop
18/11/2013

Grèce-Turquie : « la route est dangereuse, des gens meurent»

Gravité de la situation - limites des politiques migratoires en Europe

Le renforcement des contrôles à la frontière gréco-turque oblige les personnes fuyant des conflits à prendre des routes de plus en plus dangereuses. Ceux et celles qui arrivent à traverser cette frontière européenne sont souvent victimes de refoulement, sont systématiquement enfermé.e.s. à leur arrivée dans des conditions inhumaines et dégradantes. L'Union européenne répond en renforçant les moyens de surveillance et d'interception, alors que l'urgence est à l'accueil et non à la criminalisation.

Tels sont les constats de nos organisations au retour d'une mission d'enquête en Grèce et en Turquie, où notre délégation a pu accéder à des centres de détention en Grèce et interviewer des personnes migrantes et réfugiées et relevé une série de violations avérées des droits des personnes à la frontière. Aucun des acteurs rencontrés durant notre mission et impliqués dans les différentes étapes du contrôle migratoire à la frontière gréco-turque ne peut ignorer cette situation.

En Grèce, les témoignages abondent de personnes victimes de refoulement par les gardes-côtes grecs, que ce soit en pleine mer, ou même une fois posé le pied sur le sol européen*. Ces gens n'apparaissent pas dans les statistiques. La délégation a pu s'entretenir avec ces invisibles qui ont témoigné des violences exercées par des gardes-côtes qui les brutalisent (femmes enceintes et enfants compris), et les volent (bijoux, argent, portables), en jetant leurs documents d'identité à l'eau, et les rejettent à la mer vers les côtes turques.

La réforme du droit de l’immigration et de l’asile en cours, censée remédier aux défaillances systémiques plusieurs fois sanctionnées par les cours européennes, cache mal la cacophonie qui règne sur l’identification des responsabilités une fois les migrant.e.s intercepté.e.s. Celles et ceux qui parviennent à rester sur le territoire sont enfermé.e.s sytématiquement par les autorités, y compris les mineurs non-accompagnés le temps de leur identification. La Grèce vient à nouveau d'être condamnée à ce propos. A celles et ceux qui sont libérés, la Grèce délivre une obligation de quitter le territoire sous 30 jours, aucun droit sur le territoire. Le taux d'acceptation des demandes d'asile est très faible et les attaques racistes en constante augmentation.
Afghans, Irakiens, Somaliens, Soudanais, Erythréens, Syriens, Palestiniens sont pris en étau entre la Grèce et la Turquie et utilisées comme faire valoir d'une politique de contrôle des frontières que l'Europe encourage.

En Turquie, l’adoption d’une loi sur les étrangers et la protection internationale en avril 2014 n’atténue que peu les craintes des associations notamment sur l’évolution des pratiques et l’obstination turque au maintien des réserves géographiques à la convention de Genève de 1951 qui écarte de la demande d’asile tous les ressortissants non européens. Annonciatrice de nombreux progrès, la nouvelle loi n’en demeure pas moins un miroir inquiétant des travers juridiques bien présents dans le droit européen qu’elle se targue de reproduire (multiplication des procédures accélérées des demandes d’asile ; enfermement pour les personnes en attente de leur renvoi jusqu’à 12 mois) Ces réformes sont le signe que la Turquie amorce un virage « à l’européenne » sans offrir toutes les garanties du respect des droits des personnes : difficile accès à la procédure d’asile notamment pour les personnes en centre de rétention, pas de loi sur la protection des données personnelles, enfermement des mineurs et des familles, absence d’accès à l'aide juridictionnelle. De plus, les autorités ont expulsé des centaines de syriens dès qu’ils ont commencé à arriver en Turquie. L’ambition de cette réforme trouve ses limites dans les manquements structurels de la Turquie à ses obligations internationales. Mais elle butte aussi face au nombre important de celles et ceux qui ne peuvent entrer légalement en Europe et dont la Turquie a, in fine, la charge.

Que fait l'Europe ? Comment se positionne alors l’agence Frontex et derrière elle les institutions européennes lorsqu’elles sont témoins et participent, à tout le moins indirectement, à ces violations des droits humains?

A l’instar de Lampedusa, l'Union européenne a proposé à la Grèce un soutien essentiellement orienté sur la présence depuis plusieurs années de l'agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, à la frontière maritime et terrestre gréco-turque. Cette présence n’a pourtant modifié ni les conditions d’accueil des migrants, ni la dangerosité de cette route migratoire. Et les violations des droits des personnes à la frontière continuent.

Du côté turc, la situation particulièrement préoccupante des migrant.e.s ne semble en aucun cas être un frein à la négociation d'un accord de réadmission entre l'UE et la Turquie, au financement de la construction de lieux d'enfermement, ni à la perspective d'une coopération entre les autorités turques et Frontex.

Ces dernières semaines, la tragédie au large des côtes de Lampedusa semble avoir réveillé les consciences sur la détresse des migrant.e.s qui essaient d’atteindre le territoire européen. L’UE envisage maintenant d’augmenter les capacités de Frontex pour faire face à cette situation. Or, nos organisations n’ont eu de cesse de répéter que la détresse des migrant.e.s et la dangerosité de leurs routes sont étroitement liées à l’absence d’alternative pour accéder au territoire européen, et aux conditions d’accueil insuffisantes à l'intérieur et aux frontières de l’Europe.

Le contrôle aux frontières ne sauve pas des vies mais conduit à la violation des droits - si ce n'est à la mort- d'hommes, de femmes et d'enfants.

Le rapport de la mission sera rendu public au premier trimestre 2014.

FIDH, REMDH, Migreurop

Associations soutenant ce communiqué de presse : ABCDS Oujda (Maroc), AMDH (Mauritanie), AMDH (Maroc), AME (Mali), ARACEM (Mali), ARCI (Italie), CIRÉ (Belgique), CNCD 11.11.11. (Belgique), Fasti (France), FIDH (international), GADEM (Maroc), GISTI (France), GRAMI AC (réseau régional basé au Cameroun), Justice Sans Frontières Migrants (réseau euro africain), La Cimade (France), LDH Belgique, Migreurop (Europe Afrique), Progress Lawyer Network (Belgique), REMDH (régional-euro-méditerranéen)


* « Pushed back, systematic human rights violations against refugees in the Aegean sea and at the Greek Turkish borders”, Pro Asyl, novembre 2013 http://www.proasyl.de/fileadmin/fm-dam/l_EU_Fluechtlingspolitik/pushed_back_web_01.pdf

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