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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 23:22

Les questions liées aux frontières, à l'immigration et aux réfugiés, sont très peu débattues en Bulgarie, les enjeux et la situation sont largement méconnus.

 

Les manifestations devant le centre de commandement de la police aux frontières à Svilengrad, aux frontières turque et grecque, et devant le centre de rétention de Ljubimec, ont eu un écho médiatique assez large, et ont permis à un minimum d'informations et d'éléments de débat de passer auprès de la population, localement et nationalement.

 

BG-aout-2011-frontiere.jpg

À la frontière grecque

 

Dans l'ensemble, à l'exception de deux articles qui reprenaient l'antienne des No Border casseurs, la couverture médiatique a été très favorable.

 

Le camp a aussi été un temps d'échange à travers ses multiples débats et ateliers.

 

BG-aout-2011-Ljubimec-manif.jpg

Manifestation à Ljubimec

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 22:59

Des projections – débat sont prévues avant et pendant le camp No Border, dans plusieurs localités voisines.

 

Stit est un village à la frontière turque par où des exilés entrent en Bulgarie. Certains d'entre eux vont directement se rendre à la police, sans doute pour demander l'asile. La population croise quasi quotidiennement ces entrants sans pouvoir communiquer avec eux. C'est la première fois qu'une occasion s'offre à elle pour en débattre.

 

A Pastrogor, un centre d'accueil vient d'être construit et doit ouvrir en septembre. Une bonne quarantaine de personnes viennent à la projection – débat, on y vient avec les enfants. Un documentaire porte sur les migrants bulgares aux Pays-Bas. Les gens sont partagés entre la compréhension et l'inquiétude devant ces inconnus qui vont arriver au village. De fait le centre accueillera presque autant de personnes que le village n'a d'habitants. Ils soulignent qu'on ne leur a pas demandé leur avis, et que c'est la première fois qu'on vient en discuter avec eux.

 

À Ljubimec, la projection a leu en plein air, près d'une fête foraine. Du coup une grande majorité d'enfants, peu d'adultes, beaucoup de militants No Border ce qui intimide pour le débat à la fin. À Ljubimec, il y a un centre de rétention.

 

Très peu de monde par contre à Svilengrad, où le débat s'en trouve du coup écourté.

 

BG-aout-2011-Svilengrad.jpg

Svilengrad

 

La dernière projection a lieu à Siva Reka, le village accueillant le camp. Décalée pour permettre aux gens de rentrer des champs, elle attire finalement quinze à vingt villageois. La discussion a du mal à partir après les documentaires, mais un Grec parlant bulgare lance finalement le débat qui devient très animé.

 

La manifestation à Svilengrad permet d'investir la zone piétonne et de créer le contact avec la population, dans la mesure où la barrière de la langue le permet, tandis que celle devant le centre de rétention de Ljubimec permet la rencontre avec des habitants du quartier rrom situé juste en face.

 

Au total, un bon contact, même si la rencontre ne semblait pas toujours évidente, et No Border semble avoir laissé une image positive.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 22:58

Le camp No Border de Siva Reka est pour moi l'occasion de retourner en Bulgarie, où je n'étais pas revenu depuis 1992.

 

L'évolution est saisissante en 20 ans. La Bulgarie de 1992 était encore le pays le plus riche des Balkans après la Grèce, avec des infrastructures comparables à celles de la Pologne ou de la Tchécoslovaquie. Aujourd'hui, la pauvreté, la vétusté des transports, le manque d'entretien des bâtiments sont frappants.

 

Mes promenades dans la Sofia m'amèneront à nuancer cette impression, certains quartiers, là où sont les monuments touristiques, les ambassades, certains quartiers chics, sont bien entretenus, et bénéficient aussi de transports plus modernes. Voitures, boutiques, bars branchés marquent l'existence d'une classe moyenne et aisée.

 

Malgré ces nuances, la Bulgarie a pris le visage d'un tiers-monde de l'Europe, pays à bas salaire pour les délocalisations, et réservoir de main d'œuvre dans lequel les autres pays de l'Union européenne peuvent piocher à volonté, en fonction des limitations mises à l'accès des Bulgares, comme des Roumains, à leur marché du travail.

 

L'un des secteurs qui expliquaient la prospérité relative de la Bulgarie communiste était l'informatique. À la chute du mur, les entreprises occidentales sont venu faire leur marché, et les techniciens ont été embauchés à l'étranger. Et ce secteur économique s'est effondré en Bulgarie.

 

Quelques quartiers et bidonvilles rroms visibles dans la ville.

 

Pour citer le guide d'information à l'intention des touristes, à la rubrique « mendiants » :

« Les difficultés économiques ont produit différentes catégories de mendiants. Beaucoup de retraités ont été forcés de mendier, ou des vieilles femmes vont dans les rues vendant quelques fleurs. Toute aide est habituellement reçue avec gratitude. D'un autre côté il y a les bandes de Tsiganes qui sont prédominantes avec leurs petits bébés, et qui doivent remettre leur gain à la fin de la journée. »

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:53

 

Les rafles du printemps à Igoumenitsa ont porté leurs fruits. Bien sûr, les exilés sont toujours là, mais moins nombreux, moins visibles, plus isolés, plus dépendants des passeurs. Alors qu'en février dernier les passeurs n'arrivaient plus à contrôler les allers et venues et à faire payer les exilés pour leur séjour et leur passage, le petit groupe qui se cache dans les montagnes est lui sous contrôle, et le contact est devenu difficile pour les bénévoles. Les exilés se sont également dispersés dans tout l'arrière-pays.

 

À l'autre bout du pays, près de la frontière turque, une révolte a eu lieu dans le centre de rétention de Fylakio, où les retenus ont mis le feu à des matelas. La révolte a été matée par la police anti-émeutes.

 

En septembre également, l'ONG internationale Human Rights Wach a publié un rapport sur la responsabilité de l'agence Frontex dans les violations des droits fondamentaux des exilés en Grèce. En effet les exilés arrêtés par l'agence européenne sont remis à la police grecque et placés dans des centres de rétention dans des conditions considérées comme inhumaines et dégradantes. Frontex répond que la question de la manière dont sont traités les exilés qu'elle remet aux autorités grecques n'entre pas dans le cadre de son mandat.

 

Le rapprot est accessible sous http://www.hrw.org/reports/2011/09/21/eu-s-dirty-hands-0

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 15:40

Le 10 août, la police a arrêté 49 exilés dans les jungles près près du port. Deux autres opérations de police avaient eu lieu les jours précédents à la gare désaffectée Agios Andreas. Suite à ces rafles, la compagnie grecque de chemins de fer a enlevé les wagons désaffectés qui servaient d'abris.

 

 

http://clandestinenglish.wordpress.com/2011/08/11/police-raids-in-patras/

 

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 09:07

Après la vague de violence et de destructions de campements en mai (Athènes, Igoumenitsa, mais aussi la destruction à Patras du campement installé dans la gare désaffectée de Saint Dyonisios), les rafles et les destructions ont continué.

 

Le 9 juin, la « Jungle des pentes » au-dessus du port de Patras a été détruite, la destruction a été accompagnée d'un large rafle et d'une battue dans les collines pour capturer les exilés qui s'y étaient réfugiés.

 

Du 8 au 20 juin, des rafles à l'ancienne gare de Saint Dyonisios et dans les jardins de la capitainerie à Patras entraînent 300 arrestations, la destruction des cabanes et des effets personnels des violences. Une partie des exilés sont libérés, les autres dispersés dans différentes prisons de la région ou d'Athènes.

 

Les 26 et 27 juillet, à nouveau 300 arrestations. Les demandeurs d'asile sont libérés, les autres sont pour la plupart transférés à Athènes. Les arrestations continuent dans les jours qui suivent dans les jungles des Afghans. Le 28 juillet, Médecins du Monde Grèce diffuse un communiqué de presse décrivant et dénonçant les violences subies par les exilés de la part de la police.

 

Plus d'informations sur http://infomobile.w2eu.net/

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:46

Le 3 mai dernier, la « Jungle des pentes » a été attaquée par des militants d'extrême-droite en marge d'une manifestation. Le police a ensuite commencé à empêcher les exilés d'entrer dans la ville, et à surveiller les poubelles pour qu'ils ne puissent pas trouver de nourriture. 450 personnes ont été arrêtée durant ce mois de mai, soit le double de la moyenne mensuelle de 2010.

 

Vendredi 10 juin, une rafle a été menée à la « Jungle des pentes » par la police anti-émeute. Une soixantaine de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des demandeurs d'asile, et ont été dispersées dans des centres de rétention à travers le pays. La poursuite s'est continué dans les collines pendant une partie de la journée.

 

Plus d'information sur :

http://infomobile.w2eu.net/2011/05/24/igoumenitsa-mountain-jungles-threatened-by-eviction/

et deux interview d'exilés :

http://infomobile.w2eu.net/2011/06/01/%E2%80%9Cyou-always-wish-it%E2%80%99s-your-last-day-here-in-komunisia-%E2%80%9D-interview/
http://infomobile.w2eu.net/2011/06/01/%E2%80%9Cwe-were-persecuted-in-our-home-countries-now-we-are-persecuted-here%E2%80%9D-interview/

 

 

Le 10 mai, un homme a été assassiné dans le centre d'Athène. Les médias ont aussitôt diffusé l'information que ce père de famille aurait été tué par des Africains. S'ensuit pendant plusieurs jours une flambée de violences menées par des groupes d'extrême-droite dans les quartiers où habitent les exilés. Un exilé du Bangladesh est poignardé le 12 mai tandis que des dizaines de personnes sont battues dans la rue et parfois dans les maisons. Dans le même temps, plusieurs squats du quartier sont attaqués conjointement par la police et les groupes fascistes, empêchant le soutien aux exilés de s'organiser.

 

Plus d'information sur :

http://infomobile.w2eu.net/2011/05/10/murder-instrumentalised-by-fascist-groups-for-new-pogrom-against-migrants-in-athens-centre/

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 06:03

Ils arrivent en Turquie le regard tourné vers l'occident, même s'ils doivent y rester dix ans c'est encore dans l'espoir d'en partir.

 

Arrivant en Grèce, au vu de la situation : qu'à cela ne tienne, la Grèce n'est pas l'Europe, il suffit d'en partir, et c'est l'Europe !

 

Vous connaissez la suite, des squats de Rome aux rues de Paris, des “jungles” du Calaisis aux camps de rétention/détention qui fleurissent d'un bout à l'autre du continent.

 

Sommes-nous vraiment sûrs que cette Europe qui les accueille ainsi est l'Europe que nous voulons ?

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 04:37

Je dirige mes pas vers le bazar et le quartier de Kumkapi. C'est un ancien quartier arménien, qui dans les années 90 est devenu le lieu des exilés des Balkans et de l'ancienne Union soviétique. Sa partie haute est un amoncellement de magasins divers, tandis que sa partie basse est un quartier d'habitation assez pauvre. Il y a une dizaine d'années, la partie haute était parsemée de nombreuses enseignes en cyrilique. On en trouve toujours, mais plus rares, comme on entend toujours parler russe ou roumain dans les rues. Mais ce sont les enseignes en arabe qui se développent aujourd'hui. Les nombreux taxiphones, en affichant les pays vers lesquels ils proposent des appels téléphoniques, donnent un idée de leur clientèle : large palette de pays arabes, Asie centrale, quelques pays Africains, et un chois de pays asiatiques et d'Europe de l'Est.

 

Istanbul-Kumkapi-2.jpg

 

Mais les nouveaux exilés sont peu visibles. Un groupe d'Afghans, dont des mineurs, apperçus en haut du bazar, quelques Africains croisés dans les rues du quartier et des environs, quelques mots de pachtoune entendus au coin d'une rue.

 

Ces exilés se cachent. Réflexe de personnes en situation illégale. Mais peur aussi des agressions racistes, qui ne sont pas rares, même s'il n'y a pas ici de groupes racistes organisés comme en Grèce. Peur surtout de la police, dans un contexte où non seulement celle-ci peut être violente, mais où règne l'arbitraire et où les policiers détroussent purement et simplement les exilés.

 

Un jeune exilé paye ses achats dans une épicerie avec un billet de 200 lires (environ 100 euros). Le commerçant ne lui rend pas la monnaie. Il proteste. Les personnes présentes le tabassent. Il va au poste de police porter plainte. Les policiers l'emmènent dans un quartier reculé et le tabassent à nouveau.

 

Ou bien des policiers arrêtent un exilé, lui prennent l'argent qu'il a sur lui, et s'il proteste l'emprisonnent sous des charges diverses – les juges suivant généralement les policiers.

 

Les exilés tendent néanmoins à être de plus en plus visibles – ou de moins en moins invisibles – y compris hors de leurs quartiers – signe peut-être d'un début d'installation. Certains d'entre eux, qui n'ont pas eu la possibilité de continuer leur route, sont là en effet depuis plusieurs années. C'est donc un processus assez voisin de celui qu'on voit en Grèce, à ceci près qu'en Turquie même après 10 ans les exilés conçoivent toujours leur séjour comme transitoire. L'inbstallation devient un fait mais n'est pas assumée.

 

Leur présence ne fait pas non plus débat dans la société turque, où il y a plutôt débat sur les migrations interieure, notamment des Kurdes, sujet autrement sensible.

 

Les demandes d'asile sont traitées par le HCR, d'une manière assez lente, la perspective étant la réinstallation de ceux qui se voient reconnaitre comme réfugiés dans un autre pays – Australie, Canada, États-unis. Ces pays établissent des quotas et des critères qui entrainent que la réinstallation peut intervenir après quelques mois pour certains ou après des années pour d'autres. Dans l'attente, les réfugiés sont assignés à résidence dans des villes périphériques où ils n'ont que peu de possibilités d'intégration.

 

Pour eux aussi la perspective est le départ.

 

Istanbul-vue-3.jpg

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 04:36

Les exilés entrent maintenant en Grèce principalement par la frontière terrestre gréco-turque, le passage par les iles étant quasiment abandonné – situation qui peut encore évoluer avec le renforcément des contrôles sur la frontière terrestre.

 

Une fois la frontière passée, les exilés sont le plus souvent pris par la police, et souvent volontairement. Ils sont alors placés en rétention pour une durée qui est pour partie complétement arbitraire, pour partie liée aux capacités d'accueil. Ils en sortent avec en poche un document qui leur enjoint de quitter le territoire sous un mois, mais qui leur permet aussi de se déplacer sans risque d'être arrêtés pendant un mois. C'est le document qui leur permet de poursuivre leur voyage. Mais leur arrestation a aussi été l'occasion de prendre leurs empreintes digitales – au profit des autres États européens qui pourront ainsi refuser d'exminer leurs demandes d'asile (tout au moins jusqu'au jugement de la Cours européenne des droits de l'homme de novembre dernier), des patrons qui exploiteront leur travail, et des passeurs dont ils dépendront tant qu'ils n'auront pas accès à leurs droits.

 

De là, ils rallient généralement Athènes. Certains d'entre eux dépensent des sommes importantes pour y acheter de faux documents d'identité et tenter d'aller en avion vers d'autres pays européens, souvent sans succès. D'autres s'agayent dans le pays en fonction de leurs contacts et des opportunités de travailler au noir, notamment dans l'agriculture. D'autres restent à Athènes en attendant de trouver une possibilité d'aller plus loin. Mais vivre à Athènes demande de l'argent, et quitter la Grèce en demande aussi, et avec la crise c'est un étau qui se resserre sur les exilés les moins riches.

 

La route des Balkans est difficile, plusieurs frontières à passer à pied, traverser des pays où les étrangers se font facilement repérer, et l'Union européenne y finance complaisamment des centres de rétention où le respect des droits des personnes n'est pas forcément la préoccupation première – on a en a un exemple actuel en Bosnie où des exilés sont détenus depuis des mois sans savoir pour combien de temps ils vont l'être encore, sans accès à un avocat, à des informations sur leurs droits et à un traducteur, et où ils sont victimes de mauvais traitements.

 

Et le passage se fait au compte-goutte à partir de Patras et d'Igoumenitsa. Patras est une ville importante qui offre encore des opportunités de petits boulots pour survivre, mais Igoumenitsa ne peut plus guère offrir à ceux qui arrivent à cours d'argent que le contenu de ses poubelles pour se nourrir.

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