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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 04:36

Les exilés entrent maintenant en Grèce principalement par la frontière terrestre gréco-turque, le passage par les iles étant quasiment abandonné – situation qui peut encore évoluer avec le renforcément des contrôles sur la frontière terrestre.

 

Une fois la frontière passée, les exilés sont le plus souvent pris par la police, et souvent volontairement. Ils sont alors placés en rétention pour une durée qui est pour partie complétement arbitraire, pour partie liée aux capacités d'accueil. Ils en sortent avec en poche un document qui leur enjoint de quitter le territoire sous un mois, mais qui leur permet aussi de se déplacer sans risque d'être arrêtés pendant un mois. C'est le document qui leur permet de poursuivre leur voyage. Mais leur arrestation a aussi été l'occasion de prendre leurs empreintes digitales – au profit des autres États européens qui pourront ainsi refuser d'exminer leurs demandes d'asile (tout au moins jusqu'au jugement de la Cours européenne des droits de l'homme de novembre dernier), des patrons qui exploiteront leur travail, et des passeurs dont ils dépendront tant qu'ils n'auront pas accès à leurs droits.

 

De là, ils rallient généralement Athènes. Certains d'entre eux dépensent des sommes importantes pour y acheter de faux documents d'identité et tenter d'aller en avion vers d'autres pays européens, souvent sans succès. D'autres s'agayent dans le pays en fonction de leurs contacts et des opportunités de travailler au noir, notamment dans l'agriculture. D'autres restent à Athènes en attendant de trouver une possibilité d'aller plus loin. Mais vivre à Athènes demande de l'argent, et quitter la Grèce en demande aussi, et avec la crise c'est un étau qui se resserre sur les exilés les moins riches.

 

La route des Balkans est difficile, plusieurs frontières à passer à pied, traverser des pays où les étrangers se font facilement repérer, et l'Union européenne y finance complaisamment des centres de rétention où le respect des droits des personnes n'est pas forcément la préoccupation première – on a en a un exemple actuel en Bosnie où des exilés sont détenus depuis des mois sans savoir pour combien de temps ils vont l'être encore, sans accès à un avocat, à des informations sur leurs droits et à un traducteur, et où ils sont victimes de mauvais traitements.

 

Et le passage se fait au compte-goutte à partir de Patras et d'Igoumenitsa. Patras est une ville importante qui offre encore des opportunités de petits boulots pour survivre, mais Igoumenitsa ne peut plus guère offrir à ceux qui arrivent à cours d'argent que le contenu de ses poubelles pour se nourrir.

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Published by exilesengrece